Rhône Vivant! avec Guillaume de Morsier, Matthieu Duperrex, Eric Tabuchi, Laurence Piaget-Dubuis et Jean Chamel
Des notes d'épisodes
Dans cet épisode, nous partons à la découverte du Rhône sous toutes ses facettes : bio-régions, infrastructures, biodiversité et récits humains s'entremêlent pour révéler un fleuve bien plus complexe qu'il n'y paraît. J'emmène les auditeurs à travers une exposition immersive, des cartes inédites aux témoignages poignants, pour questionner notre rapport au territoire, à l'eau et à la nature dite « sauvage ».
Nous échangeons avec des artistes, photographes, architectes et habitants qui vivent et imaginent le Rhône autrement. Entre deuil des glaciers, renaturation inspirée par le castor et interrogations sur l'avenir du fleuve, je vous invite à repenser le Rhône non comme une simple ressource, mais comme une entité vivante, multiple et indisciplinée. Plongez avec moi dans ce fleuve indomptable, où chaque rive raconte une nouvelle histoire.
Rhône Vivant (Exposition)
Le F'AR – Forum d'Architecture, Lausanne
Urbain trop urbain (Matthieu Duperrex)
Atelier Atlas des Régions Naturelles (Eric Tabuchi & Nelly Monnier)
Mouvement d’Alliance avec le Peuple Castor (MAPK)
Suzanne Husky
Laboratoire LAST (EPFL)
Peter Berg et la bioregion de Cascadia
en.wikipedia.org/wiki/Peter_Berg_(ecologist)
France Insoumise – Projet de décorégion
Jean Chamel (anthropologue)
Kunik de Morsier Architectes (commissaires de l'exposition)
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00:00:02:
00:00:19: et
00:00:23: pas
00:00:29: au culteur radio.
00:00:35: On va
00:00:42: dire
00:00:42: multiples, différentes perspectives sur le Rhône au niveau politique, sociologique et juridique parce qu'il est question de donner une entité juridiques à ce fleuve parmi d'autres.
00:00:55: Donc c'est une exposition militante et artistique à la
00:01:00: fois.
00:01:01: Et en fait on souhaitait dans un moment où toutes les réflexions que tu viens de décrire sont en cours elles sont portées aussi.
00:01:10: beaucoup de groupements, de collectifs d'associations ont souhaité apporter un regard un peu... une image peut-être sensible et écrire un portrait parmi d'autres.
00:01:20: De ce que pourrait être une bio région rhone dans l'idée d'un rhone qui n'est plus ce grand fil moderne qu'il va du déglacier à la Camargue, qui est l'infrastructure qui a été décidée en nineteen cent vingt-et-un pour produire de l'énergie faire de la navigation irriguer les champs.
00:01:41: Qui devient aujourd'hui une infrastructure beaucoup plus complexe que la logistique des data et finalement en fait poser cette question en se disant en fait en tant qu'architecte comment est ce qu'on va opérer là dedans ?
00:01:55: Et est ce que c'est bio région fait du sens?
00:01:58: Est ce qu on peut traiter ce fil dans une épaisseur plus grande.
00:02:03: Et voilà, et dans quelle géographie ?
00:02:05: Il y a beaucoup de choses à la fois... Est-ce que c'est une bio-région?
00:02:08: pour commencer Game de Mordier?
00:02:10: Alors ça fait un peu de la question qu'on se pose.
00:02:12: C'est
00:02:12: pas un travail sur la bio- région mais c'était un travail qui est né d'un moment où on entendait beaucoup parler de ce concept et qu'ons se posé la question de savoir si ça faisait sens de parler d'une bio- Région du Rhône.
00:02:24: Et bio-Région prit au sens peut être des pionniers de la bio-région, peut être Peter Berg qui ont dessiné la région de Cascadia dans les années septante en Californie et qui ont déterminé ce territoire au nord des Etats Unis ou au sud du Canada, transcontaliés lui aussi.
00:02:45: Ils l'ont dessinée non pas selon leurs frontières administratives mais selon le contour du bassin versant.
00:02:51: Est-ce qu'on pourrait dire que c'est une tentative de définir une région non plus par des procédures, on va dire administratives ou économiques mais vraiment naturelles ?
00:03:02: Absolument.
00:03:03: Et d'ailleurs cette question-là revient et le refait actualité récemment notamment au début cet été où la France Insoumise a mis en place et proposer un projet décorégion qui redistribue les régions françaises en les restructurant selon les bassins versants.
00:03:23: Ça veut dire que le but, c'est de changer le regard qu'on a sur une région et ne plus avoir une logique qui est uniquement liée au début à la productivité, à l'économie, à comment dire... L'extraction
00:03:36: d'énergie.
00:03:36: À tout ce qui fait qu' on exploite ces rivières, ces paysages.
00:03:43: Du coup tu pourras nous expliquer ce que tu reproches à la manière dont on a considéré ce fleuve jusqu'ici ?
00:03:52: Alors ce qu'on reproche, peut-être que c'est pas uniquement au rône mais c'était peut être une manière générale qu'il y a eu d'exister mais aussi de faire métier, pratiquer l'architecture.
00:04:04: C'est cette manière un peu déterritorialisée de faire les choses.
00:04:09: et aujourd'hui en se posant la question de comment est-ce qu'ont fait pour reprendre les mots des bureaux de nature réatérire l' architecture ?
00:04:14: Comment on la réencontre dans un territoire ?
00:04:16: On se rend compte que finalement la question hydraulique elle est très présente parce connectent tout et que des choses qui se passent en amont ont des conséquences en aval.
00:04:27: Et du coup, ça nécessite une gestion coordonnée et fine au sein d'un bassin versant.
00:04:32: Et qu'en fait le bassin-versan?
00:04:33: c'est un peu la géométrie la plus simple pour pouvoir décrire cette sorte de grande solidarité hydraulique qui est de facto donnée par un territoire.
00:04:43: Et voilà aujourd'hui en tant qu'architecte on souhaitait questionner ça aussi dans une logique, un peu d'une approche un peu multiscalaire où on aime bien voir les choses à très grande échelle et puis en même temps on travaille sur du détail.
00:04:54: Et puis questionnez ce lien qu'on peut avoir entre des ressources, un rapport de l'architecture du paysage, de l''urbanisme allô ?
00:05:01: Et puis un territoire finalement beaucoup plus face parce que là on parle d'un territoire qui fait à peu près cinq cents, six cents kilomètres de long.
00:05:08: Bon
00:05:08: alors pour rendre ça un peu plus concret on va faire la visite si tu veux bien.
00:05:11: Super !
00:05:11: Ensemble
00:05:12: devant
00:05:12: nous peut-être qu'il y a une carte.
00:05:15: Peut être il y a trois cartes Trois cartes.
00:05:17: Et pourquoi il faut trois cartes?
00:05:19: pour profiter l'errone ?
00:05:21: Alors, c'est trois carte qui représentent les trois
00:05:23: beaucoup de données.
00:05:25: La première qui est une carte technosphère donc c'était une carte qui présente uniquement le rône dans sa couche technique.
00:05:34: et en fait on a travaillé la toponymy pour ne... Pour faire disparaître finalement tous les noms des villes tout ce qu'il y ait habituel sur une carte pour ne faire ressortir que les nombres des infrastructures.
00:05:46: Et finalement ce qui est intéressant c'est qu'on voit que il y a des infrastructures qui sont des héritages de la modernité notamment les infrastructures hydrauliques, les infrastructures de production d'énergie nucléaire etc.
00:05:56: à l'ébarrage.
00:05:58: et aujourd'hui on a une nouvelle couche qui arrive qui sont notamment les couches qui sont data centers et on voit qu'elles sont aussi intimement liées aux réseaux hydrauliques représentés.
00:06:08: donc on voit que finalement cette région du Rhône qui est également une région toujours plus infrastructurée pas forcément avec les mêmes réseaux au XXe siècle mais devant des nouvelles couches qui s'ajoutent.
00:06:22: Parallèlement à ça, c'est une lecture de ce territoire, que l'on appelle la technosphère.
00:06:27: C'est qu'une grande sphère technique qui occupe le bassin versant et qui le relie bien entendu avec toutes les régions voisines.
00:06:37: Là on a la biosphère donc une description finalement de toutes les couches de biomas et de végétales.
00:06:43: Alors pour l'auditeur je précise que ça c'est tout vert ?
00:06:45: C'est ouvert, en gros il y a différents gradients de verre et puis à des zones rouges, ce sont tous les zones qui sont protégées.
00:06:51: Et là on lit tout ce bassin versant dans sa composante naturelle mais aussi avec des connexions donc tous ces choses vertes qui sortent du Bassin Versan.
00:07:00: Ce sont des corridors écologiques les plus fréquentes par les mammifères.
00:07:05: Donc un nouveau comme on le voyait avant Le bassin versant, il réagit certaines choses mais ce n'est pas non plus une entité territoriale autiste.
00:07:13: Elle ne pourra jamais l'être, elle cohabite et coexiste.
00:07:16: Et puis la dernière, la symbiosphère qui est peut-être la touche.
00:07:19: Elle est blanc et bleue avec un petit peu de verre et c'est celle qui fait ressortir le plus fort le réseau hydraulique du Bassin versants mais aussi la communication verticale qu'on essaye d'amener à la compréhension du bas-inversant.
00:07:32: – T'as
00:07:32: une pratique, tu veux dire sud-nor
00:07:33: ?
00:07:33: – Non non, au bas, dessus dessous... Les bleus clairs ici qui traversent là, ça c'est des nappes fréatiques.
00:07:44: et on voit que les nappES fréatique chargées en eau, à nouveau sous le sol elles communiquent, elles vont à droite à gauche, elles sortent du bassin versant, elles ne sont pas forcément liés non plus avec le réseau hydraulique visible.
00:07:55: Je vais essayer de résumer à ce
00:07:56: strat parce que c'est très abstrait pour les gens qui nous écoutent.
00:07:58: Il y a trois cartes, il y en a une qui est toute verte et la biosphère.
00:08:01: C'est là qu'on voit vraiment les biotopes des animaux pour l'évite.
00:08:05: À droite, plutôt dans les gris et puis le rouge c'est la technosphère.
00:08:10: On voit tout ce qui est infrastructure technique qui est reliée à ce bassin versant.
00:08:14: Et puis à gauche en bleu et blanc on a une symbiosphère et là j'ai pas tout compris.
00:08:19: Ce sont plutôt la relation entre le sous-sol, le sol et l'altitude.
00:08:24: Et l'eau.
00:08:24: En
00:08:24: fait il s'est montré que finalement l'au elle est dessus mais aussi dessous Elle amène du vivant tout au long de manière très intense au bord de ses rivières.
00:08:35: Et puis, c'est finalement celle qui est la plus prospective pour nous peut-être la plus porteuse du projet parce qu'elle parle vraiment de manière très forte de cette matrice haut.
00:08:43: C'est sur celles là aussi que l'on voit toutes les sources qu'on trouve dans le bassin versant.
00:08:46: Tous ces petits points bleus et tous les lieux d'extraction d'eau.
00:08:50: Ce sont des petites flèches ici qui sortent de la nappe.
00:08:52: Donc ce n'est vraiment un lieu... C'était vraiment une carte qui parle même s'il n'ait pas en coupe elle est en plan mais finalement de l'épaisseur verticale que peut prendre un bassinversant aussi.
00:09:11: Alors c'est vous, Cunique des Morgies qui avez réalisé les trois cartes.
00:09:15: Qu'est-ce que voulez nous dire avec ces trois réalités qu'on a l'air d'être complètement différentes sur le fleuve ?
00:09:22: Peut être une première chose qu'ont va dire... Le bassin versant on peut le lire de différentes manières.
00:09:27: Une bio-région.
00:09:29: on peut la définir de cette manière très simple par un contour déterminé par un bassinversant.
00:09:34: mais on voit que quand on la regarde du point de vue de l'infrastructure technique ou le point de view du vivant ou du point de vue de l'eau, c'est beaucoup plus complexe et les frontières sont beaucoup plus floues.
00:09:44: Néanmoins... C'est un appel à regarder un petit peu cette matrice et voir comment est-ce qu'on peut travailler dedans.
00:09:52: Et en fait on a un lien assez simple qui se fait à côté tout d'un coup.
00:09:54: on fait donc ça.
00:09:55: c'était le but de ces stations documentaires.
00:09:56: C'était une station cartographie très large.
00:09:58: et là hop !
00:09:59: On saute dans deux projets basés sur la restauration de rivière et de ferme sur la technique Castor.
00:10:08: C'est des projets dans lesquels l'artiste Suzanne Husky est très impliqué.
00:10:11: – Suzanne
00:10:12: Huski, est-ce qu'elle est ici?
00:10:12: ?
00:10:13: – Elle n'est pas ici.
00:10:14: non elle est de l'autre côté de la France sur un chandier de restauration justement et là elle présente à distance deux chantiers l'un dans l'une, l'autres dans le drôme ou avec la méthode Castor.
00:10:30: Un cours d'eau a été renaturé et puis l' autre c'est une ferme dans laquelle pendant trois ans La biodiversité a été ramenée, donc trois cents nouvelles espèces sont revenus en trois ans sur cette ferme.
00:10:40: Je vous décris ce que je vois, un grand drapeau pirate sauf qu'à la place de la tête de mort il y a une tête de morts castor et puis sur un fond noir évidemment comme un drapeaud pirate et c'est marqué mouvement d'alliance avec le peuple castor.
00:10:55: Et là-dessous il ya des affiches magnifiques smokey de beaver.
00:10:58: Il
00:10:59: y a des dessins assez abstraits qui ont été faits avec l'aquarelle, donc de l'eau.
00:11:05: Cet aquarelle de Suzyanowski, qu'elle fait où elle décrit un petit peu ses constructions castor.
00:11:11: Elle décrit de relations entre parfois une architecture moderne très moderne... Une
00:11:18: piscine la coque en polyhéturane, en
00:11:20: poli-hu rétan
00:11:22: et une
00:11:22: marre
00:11:23: de
00:11:23: castor avec les personnes qui se baignent à l'intérieur.
00:11:25: Et une question, quel monde voulons nous ?
00:11:28: Exactement !
00:11:29: La question est laissée ouverte.
00:11:32: Il faut nous expliquer, qu'est-ce que c'est le mouvement d'alliance avec le peuple Castor
00:11:35: ?
00:11:35: C'est une association qui travaille au développement de chantiers de restauration de rivières basés sur le modèle de Castor en tant qu'architecte de la rivière.
00:11:48: et très simplement ils observent comment les cassures fonctionnent.
00:11:51: ensuite ils vont reproduire les mêmes types de barrages qui ont pour objectif premier de ralentir les cours d'eau, de recréer de la complexité à l'intérieur des russellements et de réhydrater l'énap.
00:12:06: Et ça, ça fait du bien au fleuve ?
00:12:07: C'est
00:12:08: une bonne chose !
00:12:08: Ça a fait du biais en rivière, c'est ce qu'explique cette vidéo où on explique comment le vivant est revenu avec une stratégie de ce type-là.
00:12:21: Qui sont des stratégies très simples, très lotèques qui nécessitent quasiment pas d'énergie et qui sont facile à mettre en place.
00:12:27: Donc il y a en fait peu d'energie nécessaire pour un gros effet sur le vivant.
00:12:31: Mon gros c'est une invitation, à s'inspirer de l'architecture CASTOR pour bien faire les choses qu'on renature, que l'on veut réintroduire du vivant dans le rône entre autres.
00:12:41: Exactement !
00:12:42: Et pour nous c'était aussi un petit clin d'œil parce qu'une exposition dans la forme d'archlectures on expose de l''architectur.
00:12:48: et là on se disait que c' était la première fois où vous pouvez peut-être inviter des architectes non humains ou plus humains à l'intérieur de son architecture.
00:12:54: et ça nous amuse aussi beaucoup.
00:12:56: Et on pense que c'est essentiel dans un moment où on remet en question, de manière très profonde nos projets.
00:13:02: C'est formidable !
00:13:02: Alors,
00:13:03: interessez-vous au MAPK
00:13:05: ?
00:13:05: Le mouvement d'alliance avec le porte casqueur... ...c'est sur internet j'imagine.
00:13:09: Ça c'était le travail de Mathieu Dupéret.
00:13:15: Je crois
00:13:15: qu'il est avec toi.
00:13:16: ce qu'on va chercher pour lui demander.
00:13:32: Il y a
00:13:32: les hommages
00:13:33: de Bayou du Lac et des terres bonnes.
00:13:37: Mathieu,
00:13:46: tu aurais
00:13:47: venir de le mot ?
00:13:48: C'est pour là-bas au couteau radio !
00:13:51: Désolée de vous déranger Mathieu mais voilà on est en train de faire un tour de l'exposition Et Guillaume me dit que ça c'est votre
00:13:59: travail.
00:14:00: On peut se dire tu
00:14:01: ?
00:14:01: Ouais on peut se dir tu.
00:14:03: donc Mathieu Dupéret Moi je travaille effectivement dans le Delta du Rhône Donc dans la charge sédimentaire qui sait... qui s'est déposé il y a juste quelques milliers d'années puisque là ce qu'on voit ici, notamment avec les heures et les saisons du Delta c'est des dizaines de photographies mais qui démarrent au lever du soleil et qui se terminent aux couchers du soleils.
00:14:26: Attends mais tu es photographe ou philosophe ?
00:14:28: Ou les deux ?
00:14:29: En fait je suis plutôt un enquêteur de milieu altéré.
00:14:34: donc ce qui m'intéresse dans la dans la question de La Camargue, c'est la manière dont elle vend une certaine nature sauvage mais qui est complètement fabriquée et entrelacé avec des réseaux sociotechniques assez puissants.
00:14:51: Avec le port industriel, avec la zone portuaire... Mais il y a aussi tout un tissu de pratique d'encheveur tourmente-pratique qui font une géopolitique hyper complexe entre les résiculteurs, entre les salins les manadiers qui élèvent des tauraux pour les courses camarghaises.
00:15:09: Alors,
00:15:10: je vous précise parce que vous n'avez pas l'image.
00:15:12: Moi j'ai en face de moi un mur
00:15:13: rempli
00:15:14: de cartes... de photographies, formes à carte postale, qui en fait font un portrait extraordinaire dans la camargue avec une diversité d'réalités qui sont à la fois les citres naturels ou qui sont restées naturelles,
00:15:24: de la culture,
00:15:25: de l'infrastructure technique, un peu tout ça à la foi.
00:15:28: et puis à côté il y a une vidéo qui fait une sorte de portraits filmés dans la Camargue.
00:15:33: Tout ça c'est le... le travail rassemblé par Mathieu Dupéret, qui est donc tu as dit enquêteur
00:15:39: de... De milieu altéré et enquêteurs de milieu altérés.
00:15:42: Je dis ça, d'origine je suis philosophe mais je fais plutôt de l'anthropologie, je fais beaucoup de terrain.
00:15:51: Et la vidéo là qui est montrée c'est le portrait de Fred qui a un cabanonnier.
00:15:55: donc il y a un gars Il est dockeur par ailleurs à Port Saint-Louis du Rhône.
00:16:00: Mais outre cela, il est dans cette tradition des cabanons du Rhûne.
00:16:06: Cabanon de chasse et de pêche qui sont tous construits... Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ils sont rarement construits en bois.
00:16:12: Ils sont construits au mouellon.
00:16:15: Avec des matériaux du bord souvent piqués aux patrons.
00:16:19: Et puis embarquées en bateau dans les années cinquante le long du Rhôn.
00:16:23: On ne peut accéder qu'en barque dans ces cabanonds pour la plupart.
00:16:28: Et là, c'est le récit du ressac du Rhône qui a son embouchure.
00:16:33: en fait avec le réchauffement climatique et l'élévation au niveau de la mer.
00:16:38: Avec l'évolution du débit du rhône il y a un mouvement de ressac qui devient très dangereux sur les berges et son cabanon va sombrer dans la décennie qui vient sans doute.
00:16:48: C'est donc l'histoire de tout ce cimetière de pratique qu'il y a dans le Delta de ces architectures qui n'existent que parce qu'il y a des pratiques.
00:16:59: et c'est cette histoire qu'on raconte sur une dizaine de minutes ainsi que dans un texte.
00:17:05: L'exposition, le petit morceau d'expositions que tu présentes là, dans la grande exposition ça s'appelle Rossack Massacre.
00:17:11: donc tu parles vraiment avec un film de dix minutes de la disparition d'un paysage qui a mis des décennies, six années et siècle à se constituer ?
00:17:21: Oui, c'est cela.
00:17:23: En fait il reste... Il subsiste une centaine de cabanons dans la zone de Port Saint-Louis du Rhône.
00:17:29: Est
00:17:29: ce que l'activité humaine y est pour quelque chose à se massacrer ?
00:17:33: Où on est vraiment dans un processus naturel en guillemets ?
00:17:39: Rien n'est naturel puisque le débit du rône procède des glaciers et aussi cette géopolitique entre la Suisse et la France qui permet d'administrer un certain débit et lequel va évoluer dans les décades qui approchent.
00:17:57: Par un drôle de paradoxe, on va se retrouver avec des étages assez hauts pendant quelques décennies puis après qu'ils vont drastiquement baisser de l'ordre de trente à quarante pour cent d'ici vingt ans.
00:18:10: Tout ce territoire, en tout cas le Delta qui est né à Lolo Seine Et bien, c'est un entrelacement de fabriques entropiques et évidemment de magnifiques processus d'agentivité qui sont naturels.
00:18:27: Il n'y a pas que l'agune de Venise qui s'enfonce... Il y a ici la camarque si vous connaissez ce paysage extraordinaire qui est en train de gentiment sombrer à cause du moment du ressac.
00:18:38: C'est
00:18:39: ça !
00:18:40: Ils se tassent, ce qu'on appelle la subsidence du sol, il y a un tassement mécanique du fait que ce soit C'est un sol en partie argilique et puis après, en très grande partie sédimentaire qui est très jeune à moins de dix mille ans.
00:18:55: Et donc comme c'était un territoire en pleine bascule toujours en perturbation constante et en fait c'est ça qu'ils fais l'écologie aussi de ce territoire La perturbation, c'est la vie.
00:19:06: Donc il y a des espèces invasives... Il y a par exemple dans ce film on voit les colonies de grus qui sont arrivées depuis quelques décennies seulement et maintenant on est à quarante mille couples dans le marais du viguerra qui viennent faire une station migratoire donc ces fameuses grandes grus cendrées.
00:19:23: Et comme on est dans ce sol incertain, il y a aussi un jeu de tarot qui est disposé sur une table.
00:19:32: Ce jeu de Tarot en fait,
00:19:33: il est
00:19:33: composé des figures représentatives de l'écologie du delta du Rhône et donc en tirant les fameuses trois cartes peut poser une question autour de l'écologie, du devenir et de l''habitabilité de cette zone.
00:19:50: Et puis essayer de voir ce que les cartes nous répondent éventuellement pour guider un projet.
00:19:54: Tarot ça va avoir avec une autre population d'animaux humains qui siège dans la région n'est-ce pas ?
00:20:00: Effectivement donc tous les Deltas en fait sont les refuges des populations, des cultures qui sont extrêmement fortes et qui sont toujours en suspension, donc les jitans bien sûr dans Delta du Rhône.
00:20:14: Il n'y a pas que, il y a aussi des grecs qui sont les ouvriers des salins de giro.
00:20:21: Et puis tout un ensemble de traditions, les gardiens... Les coupeurs de roseaux, on a fait une assise en saigne au roseau Fragmites Australis.
00:20:32: Cet assise pour regarder le film c'est un des derniers coupeur de roseau de Camargue.
00:20:38: qui coupe
00:20:40: qui coupe encore le roseau, lequel va maintenant essentiellement sur les toits.
00:20:45: Sur les chaumières c'est la chôme qu'on va trouver sur des toits de l'Est de la France ou de Normandie
00:20:51: par exemple.
00:20:52: C'est fabuleux.
00:20:53: avec toi
00:20:53: Martin Berret on a ouvert
00:20:54: le Delta
00:20:55: du Rhône ça nous a ouvert complètement les horizons.
00:20:57: on a des
00:20:57: grus industrielles,
00:20:59: des grus oiseaux.
00:21:00: On a des chevaux, on a des gitans... On a toutes sortes de choses.
00:21:05: On va aller voir, il y a les dames qui tirent le tarot là.
00:21:08: On leur demandait si elle peut nous prévenir à l'avenir ?
00:21:11: On fait ça !
00:21:13: Bonjour vous tirez les cartes c'est ça ?
00:21:16: Vous pouvez nous dire comment ça fonctionne le taro ?
00:21:20: Moi je préfère
00:21:21: pas m'avancer là-dedans
00:21:21: parce que je connais pas trop... D'accord, mais il y a quand même un livre de Taro Kamarge là qui est sur la table.
00:21:27: Il y a
00:21:27: une petite explication de chaque carte.
00:21:31: La technique plus générale c'était simplement de piocher une carte et de lire ensuite la signification dans le tarot kamarge et savoir avec quoi ça résonnait dans notre vie en général.
00:21:41: Et l'étape d'après c'est de se poser une question sur certains sujets et de repiocher una carte
00:21:47: voir
00:21:48: si ça a un autre impact.
00:21:49: Est-ce que vous avez posé des questions sur l'avenir du Rhône par exemple ou... plutôt sur vos situations personnelles
00:21:56: ?
00:21:56: Je pense que ça dépend pas des cartes dans l'avenir du rône,
00:21:58: malheureusement.
00:22:00: J'suis un
00:22:00: peu défaithiste là-dessus
00:22:01: !
00:22:04: On va les laisser cuecher le tarot, on va continuer en essayant de regarder le travail peut être d'éliminer Eric Tabouchi parce que je crois qu'on
00:22:11: a... Eric est là !
00:22:12: Eric Tabouchi en face de nous !
00:22:13: Bonsoir !
00:22:14: C'est pour la Baoculto Radio, espace une revue tracée, peut-être vous connaissez.
00:22:19: Et puis, Eric Tabouchi est photographe.
00:22:22: Il a fondé une agence avec Nanny Monier et ensemble ils ont fait... Ils ont constitué un atlas des régions naturelles dont vous avez peut-être déjà entendu parler notamment sur espagium il y a quelques temps.
00:22:33: Vous quadriez la France avec vos photographies qui constituent un atlace de région naturelle
00:22:39: mais
00:22:40: qui vous essayez de capter l'essence ou le portrait d'une région Mais en vous focalisant pas seulement sur les paysages vides, mais aussi sur des infrastructures pâties.
00:22:50: C'est ça ?
00:22:50: Absolument
00:22:51: !
00:22:51: Absolument.
00:22:52: alors... On a saisi une opportunité qui était généreusement
00:22:55: offerte
00:22:56: par les architectes kuniques et démorsiers de faire quelque chose qu'on n'avait jamais fait c'est-à-dire de sortir des frontières hexagonales.
00:23:08: On s'est dit que la transfrontalité du Rhône nous autorisait à franchir ce pas.
00:23:17: et l'opportunité financière, parce qu'on est contraint par des aspects finalement très matériels
00:23:26: dans notre travail.
00:23:28: C'était l'occasion de tenter cette expérience, de quitter le giron de l'exagone pour voir comment...
00:23:38: Parce que votre travail, c'est un marathon depuis des années.
00:23:42: Ça
00:23:42: fait dix ans.
00:23:43: Avec des centaines
00:23:45: et milliers d'images...
00:23:47: Et ça, c''est bien de parler du financement.
00:23:49: Ca se passe aussi par les collaborations
00:23:52: régulières
00:23:52: pour pouvoir continuer à avancer ce travail
00:23:53: ?
00:23:53: Exactement !
00:23:55: Alors moi je me sentrais autorisé à parler de financements parce que notre grande fierté est d'être autonome, d' être libre, de faire ce qu'on veut comme on veut quand on veut, dans la limite de la faisabilité.
00:24:11: mais on a toujours pré-tribilégié le fait de rester indépendant.
00:24:15: De pas faire des travaux de commandes qui seraient donc inféodés à des attentes... Voilà.
00:24:23: –
00:24:23: Alors là c'est pas un travail de commande ?
00:24:25: C'est plutôt
00:24:25: du partenariat on va dire ?
00:24:26: – C'était un partenariat généreux dans le sens où jamais QNIC est demorcié non.
00:24:33: était fouillé dans notre travail en disant, mais non là faudrait peut-être un peu plus comme ci.
00:24:40: Donc pour nous ça c'est vraiment très important de garder cette autonomie dans la manière de travailler et dans la liberté qu'on a de faire.
00:24:53: parce que en France il y a eu beaucoup
00:24:55: de grandes
00:24:56: initiatives photographiques institutionnelles de commande
00:25:01: d'enquête
00:25:02: Oui, mais des commandes d'État.
00:25:04: C'est-à-dire que mine de rien on demande à des gens de produire des images mais ces images elles sont toujours un peu contraintes... Alors
00:25:13: que vous faites une enquête avec votre propre agenda
00:25:17: qui
00:25:17: répond à vos définitions
00:25:18: du paysage?
00:25:19: Nos propres envies nos propres fantaisies aussi.
00:25:23: et donc on est une sorte Oui, de label indépendant on va dire.
00:25:30: Si on faisait de la musique on serait vraiment un label indépendant.
00:25:35: À votre mission c'est aussi de répondre à un besoin,
00:25:38: de représenter
00:25:38: les choses avec une sorte de réalisme.
00:25:42: C'est un travail documentaire et artistique à la fois.
00:25:45: Le but c'était aussi de montrer comment dire... Un paysage qui ne serait rien.
00:25:50: est vrai dans l'absolu Rien n'est plus réaliste que d'autres chose mais il y a quand même un travail de documentation extrêmement précieux au fond qui répond
00:25:59: à quelles
00:25:59: besoins ?
00:26:01: Le besoin initial, c'était vraiment de documenter le territoire français de manière égale.
00:26:07: C'est-à-dire quand on tape sur Google, on fait une recherche image sur le béharn ou la bosse... Rien ne sort !
00:26:18: Les châteaux de la
00:26:19: Loire très bien, il y a des
00:26:20: milliers d'occurrences.
00:26:22: Le Mont Saint Michel pareil, La Tour
00:26:24: Eiffel pareil
00:26:25: mais En dehors d'un certain nombre de points très précis, il y a une invisibilisation totale du reste du territoire.
00:26:34: Et pour nous c'est très vite apparu que cette invisibilization crée une frustration.
00:26:42: et
00:26:42: électoralement on a commencé en deux mille dix-sept au moment où le Front National devenait vraiment une puissance électorale...
00:26:51: notamment dans la périphérie, on appelle ça périphérique !
00:26:53: On est au-delà de la périphérie.
00:26:55: On est dans cette France qui est largement rurale et qui est la diagonale du vide, on va dire en ce fameux espace qui traverse toute la France...
00:27:05: Au sud de Paris ou le milieu quoi ?
00:27:07: Qui traverse la France de la Lorraine jusqu'à l'Aquitaine et qui statistiquement correspond
00:27:15: à
00:27:16: un gros tiers du territoire dont la population totale correspond à la population
00:27:23: de la région parisienne,
00:27:24: en fait.
00:27:25: Donc c'est une sorte d'équilibre qui a un déséquilibres à la fois économique mais... ...de représentation si il n'y a pas d'image.
00:27:37: Donc pour nous c'était très clair que... Pas d'images, pas d existences, pas des existences... Des frustrations, des frustrations.
00:27:44: les Gilets jaunes etc.
00:27:46: Je commence à comprendre le gros moteur de l'être.
00:27:48: C'est très politique aussi, on pourrait le dire.
00:27:51: Et puis vous l'appliquez maintenant au Rhone avec la même idée de... On va dire d'égaliser le Rhone parce que les images mentales que j'ai quand je pense aux rônes c'est évidemment étant suisse, roman, la source du côté de Glacier, et puis allez je vais penser un petit peu à Lyon.
00:28:07: Je vais penser à Genève bien sûr, j'ai pensé à Lyons, je vais pensez un peu à la Camargue mais c'est vrai que ce n'est pas d'autre image mentale.
00:28:14: donc c'était ça que vous voulez réparer, nous
00:28:15: donner des images ?
00:28:17: C'est remplir les blancs, les zones
00:28:20: invisibilisées
00:28:21: de traiter tous les territoires à égalité, pas seulement les territoire mais les objets qu'on y trouve, c' est-à-dire pour nous une station d'essence... Un château,
00:28:31: une bergerie
00:28:34: un grenier, une usine hydroélectrique.
00:28:38: C'est la même chose
00:28:39: !
00:28:40: On va les traiter avec le même soin de description pour que finalement tous les préjugés qu'on peut avoir vont être remis à plat.
00:28:50: on va dire « ah oui ces formes c'est quand même intéressant ».
00:28:54: On va regarder finalement plus la richesse d'inventivité qu'a nécessité tel objet plutôt que sa fonction
00:29:03: ou les... Est-ce qu'il y a un lien entre ces objets et le Rhône ?
00:29:05: Est- ce qu'y a une sorte de cohérence paysagère du Rhônes, où à l'inverse il y a une sorte de mise en relation entre ce paysage spécifique que fabrique le rhône qui évolue du Valais jusqu'à Marseille ?
00:29:25: Est ce que vous observez d'une sorte de corrélation entre cet immense phénomène paysagerique et le rône et l'architecture qu'on fabrique autour ?
00:29:32: Alors le lien entre l'Architecture et la Rivière, ça a toujours été... Enfin.
00:29:37: Le lieu d'élection de l'Urban c'est la rivière.
00:29:40: Il n'y a historiquement pas
00:29:43: de
00:29:44: villes sans rivières.
00:29:46: donc déjà le lien de contiguïté entre la riviere
00:29:50: et la ville
00:29:51: il est très fort avec ce truc.
00:29:54: on a pu voir au Népal récemment que la
00:29:57: rivière
00:29:58: à la fois est un objet de dirigation,
00:30:01: mais un objet d'menace.
00:30:02: – Tu parles du défendrement de la montagne qui a provoqué une
00:30:04: allusion terrible….
00:30:05: – Oui, comment... Comment?
00:30:06: la riviere est un danger potentiel ?
00:30:10: Et comment le fait qu'une zone inondable et non constructible naturellement, c'est-à-dire que tous les peuples ont intégré dans leur manière de bâtir l'idée qu'on ne s'installe pas
00:30:23: dans la pleine
00:30:24: inondable évidemment, et commence à
00:30:27: créer
00:30:28: une frontière évidente qui a été un peu transgressée avec le progrès technique.
00:30:34: On s'est dit bon finalement on est plus forts que la nature, on peut s'installer là où les anciens ne se seraient jamais installés... Et finalement c'est cette transgression qui est remise en cause aujourd'hui.
00:30:47: –
00:30:48: Est-ce qu'on parlait de bio-régions avec Guillaume, tout à l'heure ?
00:30:51: Est- ce que
00:30:51: on peut comprendre
00:30:52: une forme de bio région
00:30:55: quand
00:30:56: on photographie les régions autour du Rhône ?
00:30:58: Une sorte de cohérence d'unité paysagère ?
00:31:03: – J'en parlais
00:31:06: récemment
00:31:07: sur l'idée que j'ai toujours considéré la fleuve comme un militaire.
00:31:13: C'est-à-dire pour moi le fleuve c'était un obstacle et la seule raison d'être du fleuve c'était de être franchi.
00:31:20: J'ai jamais considéré le fleuve dans sa longueur mais dans son aspect...
00:31:25: Comme une séparation ?
00:31:27: Comme un obstacle, qui fallait franchir.
00:31:30: Une fois franchis il n'existe plus.
00:31:33: Avec ce travail j'ai découvert ce qu'Elysée Reuclut avait compris depuis bien avant nous c'est qu'un fleuve pouvait être longé à condition d'accepter, de renoncer à l'idée que c'était plus beau de l'autre côté et qu'on pouvait se contenter d'une rive.
00:31:54: Qu'on pourrait descendre le fleuve en longant une rive ce qui est un truc
00:32:00: dans l'esprit
00:32:01: occidental qui est très compliqué parce que
00:32:05: l'homme est
00:32:07: conquérant il doit absolument franchir le fleuve Et à condition d'abandonner cette mentalité là, de dire bon tant pis y a un obstacle je l'accepte il est là.
00:32:20: Je ne peux pas le franchir je vais juste le descendre et on verra bien ou ça me conduit c'est-à-dire se lâcher prise.
00:32:28: Dans ce travail en fait il ya juste eu un apprentissage de qu'est ce qui s'passe.
00:32:34: si je lâche prise ?
00:32:36: Si j'acceptes que le fleuve dicte Son trajet et c'est pas
00:32:41: moi qui
00:32:42: vais imposer le
00:32:43: contraindre, le mettre dans un canal par exemple.
00:32:46: Surtout
00:32:47: je vais accepter son trajet Je ne vais pas le contrarrer.
00:32:51: C'est
00:32:52: ce qu'on va faire maintenant.
00:32:53: parce que l'exposition avec toi Eric et toi Guillaume on pourrait peut-être suivre ce fil pour nous expliquer ce qu''on voit.
00:33:00: On est au milieu du forum d'architecture de l'Odan.
00:33:01: donc ça a un grand espace de trois cent mètres carrés Et là il y a des
00:33:04: tables
00:33:05: qui ont la forme d'une rivière, en fait.
00:33:08: Ça se voit à laquelle ils sont disposés des photos.
00:33:10: et combien de photo en tout?
00:33:11: pour avoir une idée ?
00:33:12: Je dirais deux cent ou deux cent vingt quelque
00:33:14: chose comme ça.
00:33:14: Et comment elles sont organisées ces photos ?
00:33:17: Elles sont organisée sur ses grandes tables.
00:33:19: donc les grandes tables reprennent vraiment le dessin du rône et de la saune.
00:33:24: donc on part tout en haut là-bas du glacier et hop !
00:33:28: On suit le fil.
00:33:29: On a le lac Léman qui est là au milieu, on a la saune en haut à gauche et là on descend.
00:33:33: Là on voit les deux tables qui se retrouvent, c'est Lyon Confluence.
00:33:37: Et là... Là on est tout en bas !
00:33:39: On est en face d'un avignon qui indique Avignon.
00:33:44: On a la Camarque juste-là et on voit des pupitres.
00:33:48: C'est des pupits blancs qui ont des géométries prismatiques sur lesquels on voit de types de photographies, des choses plutôt de l'ordre du paysage.
00:33:59: On a toujours le Rhone, on voit ou qu'on aperçoit.
00:34:06: Et puis des photographies beaucoup plus architecturales, on peut dire où Eric and Ellie ont documenté des architectures du vernaculaire, des artefacts du territoire et des infrastructures.
00:34:20: Il y a un écran au fond du phare aussi qui montre si je ne me prends pas c'est aussi le site de l'Atlas Mais c'est une version adaptée,
00:34:30: je pense que là...
00:34:32: C'est le site de l'exposition.
00:34:33: Ah pardon !
00:34:33: Oui ça
00:34:34: ressemble mais c'était
00:34:35: la plus haute.
00:34:36: C'etait le bloc vivant et alors là c'es très drôle parce qu'il y a un photographe, là ca fait trois jours qui nous moumbardent.
00:34:41: Cébertran se te flète Et là ce sont les photos de Bertrand.
00:34:45: Je pense qu'ils passent... Eh oui Voilà.
00:34:49: C'est
00:34:49: un bloc ouvert où chacun ne peut contribuer pour alimenter au fond l'atlas des régions naturelles.
00:34:55: version participative
00:34:56: ?
00:34:56: L'atlass est de la classe du rôle, non va dire.
00:35:00: Donc tu peux mettre du texte, tu peux faire des photos ou de la vidéo et ça se poste.
00:35:03: L'idée étant qu'on a souhaité assez tôt avoir une plateforme très ouverte en marge de l'exposition qui nous permette de collecter des intérêts, collecter d'informations et surtout avoir vraiment un processus qui est très ouvert.
00:35:15: parce que l' Exposition maintenant elle se déplace.
00:35:17: On descend, on va passer quelques jours à Genève au pavillon Cyclie et puis ensuite l'été prochain on sera à Lyon à Archipel.
00:35:25: Alors nous on va se déplacer aussi si tu veux bien.
00:35:28: donc ça on fait avancer l'émission.
00:35:30: mais merci beaucoup Eric pour les explications.
00:35:33: Tu peux nous suivre
00:35:34: ou pas ?
00:35:34: On va voir puis on va rencontrer les autres artistes qui sont encore là avant qu'ils s'échappent.
00:36:06: Bonjour Laurence c'est pour la Bau Kulto Radio.
00:36:09: On fait une émission très spontanée sur l'exposition, sur le rône du phare.
00:36:13: Ah c'est super !
00:36:14: Vous êtes artiste ?
00:36:15: Oui est-ce qu'on se rapproche un petit peu ?
00:36:16: On va voir ce que
00:36:16: tu fais ?
00:36:17: Oui.
00:36:19: Alors là... Avec Laurent vous avez rencontré sur le glacé Dalèche.
00:36:22: Lors d'une résidence nomade?
00:36:24: Oui.
00:36:26: Il y a presque dix ans!
00:36:27: C'était en deux milles, ça a été effectué pour moi.
00:36:29: Oui oui.
00:36:31: On a étalé en résidence sur le glacier de Dalèches.
00:36:33: Ça a justement ouvert aussi notre regard sur les changements climatiques et donc après plusieurs années à travailler sur la disparition des glaciers, sur cette constatation de
00:36:46: ces grands monuments
00:36:48: iconographes de la Suisse.
00:36:51: Je me suis rapprochée du territoire un peu plus discret sur l'adaptabilité des végétaux Et ensuite, j'ai travaillé sur le projet de néo sauvage qui est un lieu qui se situe là où le rône n'est pas endigué en Valais donc il reste une portion du rônes non-endiguées.
00:37:12: Donc juste à Précière... Là où y a Lille Graben et un dénivelé de non ordre maître qui n'a pas permis l'endigument à l'époque du Rhone Et le roue est un territoire assez intéressant parce qu'il est tiraillé entre beaucoup de mesures administratives.
00:37:29: et là où il n'est pas endigué, y a le projet du dernier tronçon autoroutier valaisan.
00:37:35: Ah c'est malin ça
00:37:35: ?
00:37:36: La neuf !
00:37:37: Et dans le cadre de la neuf qui impacte vingt-deux hectares, y à une loi suisse qui exige des compensations écologiques des impacts.
00:37:50: et donc le sujet de ce travail est le lieu des mesures de compensation écologique de la neuf.
00:37:59: Donc c'est le lieu qui va être
00:38:01: préservé ?
00:38:01: Oui, mais souvent les mesures de compensations elles sont aussi commencées en amont parce qu'il faut pouvoir mesurer l'impact de la diversité.
00:38:10: et en l'occurrence... C'est Le Bois-de-Finge là !
00:38:16: où sont ces deux acteurs entre infrastructure et nature.
00:38:22: Et l'objectif était de sortir de l'opposition pour comprendre qu'est-ce qui se mélange, et finalement la neuf peut pas se faire sans ses mesures de compensation et ses mesures ne peuvent pas se fer sans la neuve.
00:38:37: Pour moi un nouveau regard
00:38:38: c'est d'accepter que le sauvage de demain est peut être un sauvages qui se tissent dans un entre-là d'acteurs très différents.
00:38:48: – Ça, c'était très intéressant !
00:38:50: Alors qui croit encore à cette séparation nature culture
00:38:53: ?
00:38:53: Non mais
00:38:54: par contre ce que tu disais de toi, que la cette différenciation nature-culture en fait elle est administrative et elle est
00:39:01: liée
00:39:02: au régime administratif.
00:39:03: finalement des gens
00:39:04: qui parviennent à dire non il y a les endroits qu'on doit appeler nature parce que sinon on ne peut pas compenser ce que les humains font.
00:39:11: Donc elles existent encore cette fameuse
00:39:13: distinction Le biologiste de la neuf m'a expliqué que l'objectif, c'est que dans les cinquante prochaines années ça soit le central parc du Valais.
00:39:21: L'objectifs est de faire un corridor
00:39:23: vert pour permettre
00:39:24: à la biodiversité de communiquer avec les autres espaces.
00:39:29: A la
00:39:29: base, quand je me suis approchée de ce territoire qui est un point précis sur la carte qui s'appelle Chuganda.
00:39:35: Il y a une sorte d'anomalie sur les cartes parce qu'en fait, Chugandha n'est pas intégré dans l'azone alluviale c'est encore
00:39:42: une zone agricole.
00:39:43: et sur cette parcelle il ya une ferme qui a été prêtée le temps des travaux dans le calendrier de La Neuf à une association qui propose de la culture à un public exclu des infrastructures conventionnelles.
00:40:00: Migrants, bébés, personnes à handicap et en fait
00:40:04: cet entre-là de culture
00:40:06: nature infrastructure est complètement incroyable.
00:40:09: aussi au niveau de la temporalité parce qu'il y a un travail sur la temporalité qui a été faite, qu'on peut se saisir des petits posters qui sont là et qu'y a aussi cette recherche sur la temporalité.
00:40:20: On a une temporalité
00:40:21: très très longue sur
00:40:22: l'autoroute puis en même temps si on prend
00:40:24: la métaphore de l'Autoroute
00:40:26: où on a
00:40:26: un flux
00:40:27: conduit avec une entrée définie, un véhicule défini et une sortie définie et cet enclave qui est Chuganda
00:40:38: qui travaillent
00:40:39: sur une temporalité très rapide, mais en même temps totalement inclusive.
00:40:43: Il y a quelque chose de très intéressant à regarder aussi...
00:40:46: Cette histoire est très compliquée.
00:40:48: Juste pour vous aider à rentrer dedans, tu pourras nous décrire peut-être l'exposition.
00:40:52: Je vois donc des
00:40:52: panneaux
00:40:53: format à zéro qui sont suspendus sur les roulettes.
00:40:58: Donc l' Exposition elle peut bouger et puis il y a des grandes photographies, une traisson d'un paysage méracageux.
00:41:05: ici je vois Une sorte de paysage vu sur la vallée de loin, en couleur sepia.
00:41:14: À côté je vois un monsieur qui est en train... Qu'est-ce qu'il fait?
00:41:17: ce monsieur d'ailleurs avec son chapeau ?
00:41:19: Alors
00:41:19: ça c'est le spécialiste européen qui s'appelle Air Bernickel, qui est un allemand spécialiste des cicadelles que l'on observe dans son épuisette.
00:41:29: L'objectif de ce monsieur, c'est de mesurer les mesures de compensation écologique et de mesuré la question de la diversité qui est visible à travers des espèces de ces six cadèles.
00:41:42: Donc on
00:41:42: a trois
00:41:44: chapitres qui correspondent au saison le chapitre hiver qui est plutôt dans les bleus avec le marais artificiel non celui là il est artificiel du bois de finge, et puis un mélange
00:41:58: belles
00:41:58: mèles de témoignages et d'images au verso.
00:42:03: Et ensuite ici ça c'est la vue
00:42:05: qui a
00:42:07: à travers les vitraux de l'église de Varenne qui est le point de vue gravée dans mon cœur.
00:42:13: Et en fait, on a la sensation d'avoir une vieille image.
00:42:16: Elle est très contemporaine mais c'est la seule parcelle non endiguée du rône et c'était très intéressant.
00:42:22: ça a l'air compliqué !
00:42:23: Mais il y a eu des mesures de compensation qui ont déplacé les quelques digues qui existaient pour favoriser la steppe.
00:42:30: La steppe se favorise en empachant le forêt de pousser.
00:42:34: Pour que la forêt ne pousse pas, il faut accepter d'y avoir des animaux qui piétinent ce sol.
00:42:40: c'est de la pâtur extensive, et en l'occurrence le fameux lieu que je décris qui est Chuganda.
00:42:47: elle est autorisée à rester là parce qu'elle a des chevaux qui font ce travail-là.
00:42:51: Il faut aussi accepter que pour favoriser la biodiversité il faut avoir quelque chose qui n'est pas rentable parce qu''avoir des animaux qui ne sont pas liés à d'un production de viande ou les tiers ça a une valeur écologique.
00:43:07: alors Toutes ces questions-là, elles émergent à travers cette enquête qui est en cours.
00:43:12: Pour l'instant il y a trois chapitres.
00:43:13: j'aimerais la continuer.
00:43:15: et puis il ya encore une pièce ici qui est
00:43:19: réalisée
00:43:20: avec des barrières de chantier de la neuf qui étaient cassées.
00:43:24: J'ai fabriqué des nichois pour autoriser donc les barrières de chantier à changer de rôle.
00:43:29: Parce qu'une barrière barre, et là en l'occurrence elle est aussi maintenant porteuse de biodiversité puisque ce sont nos nichois.
00:43:38: Et à l'intérieur on a des témoignages... cinq témoignaires différents.
00:43:41: Alors je vois cinq-cinq nichois fabriqués avec ces barriaires de chantiers rouge et blanche sillé.
00:43:48: et puis il y a un casque un casque audio qui a accroché à cette histoire, donc on peut vraiment écouter des histoires en recadant les nichoirs.
00:43:56: Oui tout à fait !
00:43:57: On a aussi des objets qui sont aussi des témoins de récits du lieu.
00:44:04: parce que l'objectif de ce travail c'est aussi de dresser finalement, d'esquisser à nouveau une nouvelle représentation du rône.
00:44:15: Parce qu'il a ce paradoxe d'être source de danger puisqu'on a les crues en Valais en particulier et un rapport depuis des siècles est conflictuel.
00:44:27: Et en l'occurrence d'essayer à travers les objets, les témoignages et les images de dresser une nouvelle représentation de ce run où finalement on essaie d'imaginer un futur possible avec une diversité qui cohabite entre humains végétales animales.
00:44:46: Ces objets
00:44:47: sont
00:44:48: des objets que j'ai récoltés sur le territoire.
00:44:51: Certains sont dans les images d'ailleurs...
00:44:54: Alors qu'est-ce que l'on voit comme objet ?
00:44:55: On voit une sorte de filet de chantier, rouge et blanc.
00:44:59: Exactement !
00:45:00: On voit des gants, un caillou, un beau cailloux qui a été roulé.
00:45:03: Voilà on a un nichoir aussi qui est conçu, on a des éléments... On a un fer-archeval
00:45:12: par exemple.
00:45:12: C'est étiqueté comme si on était chez des archéologues ?
00:45:15: Exactement,
00:45:15: c'est l'archéologie du futur.
00:45:16: Ici, on a un bois rongé par des castors qui est en forme de diamants et qui résonne fortement avec le pieux de chantier qui est aussi taillée en pointes.
00:45:29: C'est comme si on était dans un musée du futur qui montre au fond ce qu'a été, ce lieu extraordinaire, qu'à échapper...
00:45:38: Voilà.
00:45:39: Infrastructure et nature dans l'objectif de créer la biodiversité.
00:45:44: Et ce projet s'appelle Néo Sauvage.
00:45:46: Néo
00:45:47: sauvage.
00:45:48: Magnifique !
00:45:48: Merci beaucoup Laurence Piaget-Dubui pour le travail.
00:45:52: On va aller enquêter avec toi en regardant attentivement les panneaux et écouter les histoires dans les nichoirs.
00:46:19: Il
00:46:19: y a deux ans, j'ai eu un gros changement de trajectoire avec un contre-glace et du rône qui m'a fait articuler fonds et formes.
00:46:34: pour essayer de comprendre ce qui
00:46:35: ne se voit pas.
00:46:37: Maintenant, les glaciers avec leur disparition
00:46:40: sont actés... Je cherche à travailler sur l'adaptabilité et à découvrir
00:46:46: comment le vivant utilise
00:46:50: l'artificialité.
00:46:52: pour
00:46:53: m'a travaillé la diversité.
00:46:55: J'ai travaillé une année avec le jardin botanique Alpin
00:46:58: de Champelac.
00:47:39: On a passé un peu rapidement sur la partie des glaciers, en tout cas à la station de commentaire de Jean Chamelle.
00:47:46: On pourrait parler peut-être
00:47:47: ce qui est écrit en bleu.
00:47:48: là il y a une sorte de texte qui a l'air d'être affiché comme si c'était un manifest.
00:47:52: Oui on peut aller en lyrin ouais.
00:47:55: On va en Lyrin ?
00:47:57: Alors
00:47:57: allons-y !
00:47:59: C'est écrit donc en noir sur bleu,
00:48:03: c'est des retranscriptions d'entretien.
00:48:04: donc il ya les noms.
00:48:06: Il y a plusieurs poèmes comme ça de personnes qui vivent très proches des glaciers.
00:48:13: Ici, par exemple on a Jacques Vouillamo qui est
00:48:16: trouveur
00:48:17: et lui donc il cherche les restes de crache aérien sur le glacier des Bossons.
00:48:21: Et une petite croix à côté son nom ça veut dire avant l'exposition
00:48:24: ?
00:48:25: Avant
00:48:25: l'inauguration?
00:48:26: oui mais vous alivrez ces moyens avant de mourir?
00:48:28: Oui
00:48:28: ils alivraient à Jean Chamelle.
00:48:29: Jean Chamelle est anthropologue et il travaille avec eux.
00:48:32: en fait il ramène c'est une personne de plus dans l'exposition qu'ils ramènent des voix.
00:48:36: tu vois avant Laurence nous a ramené des voix Mathieu nous a ramené des voix de Tudanga, Mathieu vous a ramenés des voix d'Akamag.
00:48:44: Jean nous ramène les voies des glaciers qui parlent d'un attachement très fort avec un élément géographique et aussi de cette notion un petit peu de deuil.
00:48:54: Jacques Ruyamo qui est décédée à écriver « Les craquements ».
00:48:57: Des fois c'était impressionnant !
00:49:00: Et puis tu vois que ça vient vraiment profondément.
00:49:06: Cette sensation-là elle était... Moi, j'adorerais ça.
00:49:10: Je me mettais dans un moment d'amour et pour l'être il fallait prendre le temps de respirer Et c'est uniquement comme ça que tu arrives... Enfin moi en tout cas que j'arrive à ressentir les choses Comment ça se passait ?
00:49:20: Comment on vivait le glacier Parce-que c'était là où tu te rends compte vraiment que le glacier est vivant Vivant?
00:49:27: Comme le rône C'est fort!
00:49:28: Ouais, comme le rûne qu'on veut vivants.
00:49:30: Donc c'es beaucoup gens ici qui signalent par la poésie leurs deuils de glaciers
00:49:34: mourants.
00:49:34: Oui, ici oui, c'età C'est vraiment ça.
00:49:37: Peut-être que Jean pourra encore mieux en nous en parler, mais pour nous c'est un écho et cette première station fait écho à ce qu'on voit aussi sur les images.
00:49:46: Mais c' est un glacier aussi qui essaie de déglacer.
00:49:48: Oui ils vont changer le rône très vite peut être en cinquante ans.
00:49:51: on a à peu près plus que trente pour cent du débit dans l'rône.
00:49:53: donc selon les prédictions si on continue hors des étés comme celui là ça va changer très très vite.
00:50:00: Deux tiers du rône vont s'évaporer.
00:50:02: Pas s'évaporer, mais le régime hydraulique va changer donc on n'aura plus la fonte des glaces qui l'alimentent encore.
00:50:08: pas mal vu que les glaciers sont en train de disparaitre.
00:50:13: Donc ça appelle encore une fois un peu à questionner aussi la manière dont peut-être on traite l'eau différemment, on retient l'eau, on parlait de Susanowski avant et des stratégies castor.
00:50:22: tout ça fait partie peut être d'une manière de retrouver une attention à l' eau par le soin, et par un travail sur le vivant.
00:50:32: Donc faire
00:50:32: le deuil des glaciers qui disparaissent c'est aussi se préparer au deuil futur du rôle de lui-même ?
00:50:40: Oui en tout cas un changement radical dans sa forme par contre c'était faire le doigt d'une chose.
00:50:45: pour nous ça peut être créer une autre manière d'envisager notre pratique et puis de réaccueillir l'eau un peu différemment.
00:50:53: Et réagir l''eau ça veut dire aménager.
00:50:55: Aménager est notre travail tous les jours.
00:50:58: Ça aussi, encore une fois qu'on est dans un centre d'architecture.
00:51:01: On parle des architectes, des urbanistes et paysagistes.
00:51:03: Et on essaie de regarder d'autres manières de faire.
00:51:06: On va voir Jean ?
00:51:07: Oui !
00:51:11: Pardon de t'interrompre, c'est pour là-bas le tour radio.
00:51:14: On vient de lire quelques-uns des poèmes des gens qui ont contribué.
00:51:19: J'ai l'impression que ce sont des gens assez tristes, en deuil.
00:51:23: C'est ça que tu as voulu exprimer avec ce travail?
00:51:25: Ce
00:51:26: n'est pas des poèmes mais des extraits d'entretien de recherche que je mène depuis plusieurs années avec ces montagnards qui passent beaucoup de temps en haute-montagne
00:51:35: et
00:51:35: qui me racontent
00:51:38: ce qu'ils
00:51:38: vivent quand ils sont aux hautes-montagnes, ce qu''il vit avec notamment ses glaciers.
00:51:41: Et quelle relation il nous a avec ses glacier ?
00:51:43: Donc effectivement y'a toute une dimension de tristesse et de perte et d'œil lié à la disparition rapide, à la fonte très rapide des glaciers et c'est un peu ce qui ressort dans ces extraits là mais ça ne se limite pas au fait.
00:51:56: Y'a aussi beaucoup d'attachement.
00:52:01: Et quand on creuse un peu, alors là... On dépasse le cadre de Ron vivant et de ce que j'ai mis en avant-là.
00:52:08: Mais si l'on va beaucoup plus loin après il y a aussi beaucoup de vies qui restent.
00:52:12: Il y a beaucoup de
00:52:13: vie qui est vécue
00:52:14: dans ce
00:52:15: mouvement, dans ces craquements, dans ses vibrations.
00:52:17: donc ça les touche très profondément.
00:52:20: Ces gens tu dis des montagnards mais ce sont quoi ?
00:52:22: Des urbains, des genevois qui vont samedi à la montagne ou des paysans de montagnes ?
00:52:26: C'est plutôt
00:52:27: des locaux.
00:52:29: Alors il y a beaucoup de glaciologues géomorphologues qui sont plutôt
00:52:32: urbains
00:52:33: et qui passent beaucoup de temps, qui connaissent très bien ces glaciers mais sinon c'est beaucoup de gens qui vivent à proximité.
00:52:38: Et qui fréquentent assidûment ces espaces-là.
00:52:40: je pense aux guides, aux alpinistes, aux trouveurs de trésors sous le glacier des Bossons dans la vallée de Chamonix... ...et puis encore les travailleurs d'altitude, les gardiens et gardiennes de cabanes, du refuge….
00:52:51: …et puis les cristalliers aussi qui passaient beaucoup de tant en montagne !
00:52:54: Mais dans quel cadre tu as fait cette enquête ?
00:52:56: Pour bien comprendre ton intention.
00:52:57: Alors c'est une recherche que je mène à l'Université de Lausanne depuis twenty-vingt et un, je suis anthropologue.
00:53:02: Et le point de départ cette recherche, c'était comment ces montagnas vivent la transformation de la haute montagne alpine du fait du changement climatique parce qu'on sait que du fait de se réchauffement, la montagne se transforme très vite.
00:53:13: les glaciers fondent à une vitesse incroyable et donc les personnes qui passent beaucoup de temps là haut sont les premières affectées, les premiers à vivre cette transformation et pouvoir en rendre compte.
00:53:22: Est
00:53:22: ce qu'il faut faire le deuil et pleurer et regretter?
00:53:25: ou est ce qu il faut aussi regarder ce qui va se passer après ?
00:53:29: C'est les deux, quand vous faites le deuil d'un proche il y a différentes phases et puis il faut accepter.
00:53:35: On arrive à l'acceptation de cette perte.
00:53:37: et faire sans vivre sans et donc se projeter dans le futur.
00:53:42: Les glaciers disparaissent mais les espaces qui sont libérés sont toujours là.
00:53:46: on appelle ça des marges qui sont colonisés par du vivant, par plein d'espèces vivantes.
00:53:52: D'ailleurs tant qu'il y a de l'eau du glacier qu'ils font en amont il ya beaucoup vides espèces qui se développent.
00:53:57: Après, quand il n'y aura plus de glaciers ça sera peut-être plus compliqué.
00:54:00: Mais en tout cas c'est assez intéressant parce que toutes nos vallées alpines quelque part elles étaient pleines de glace il y a douze millons et aujourd'hui il ya tous les forêts qu'on connaît et on pense aussi aux espaces qui ont été libérés après la fin du petit âge glacier à partir de la seconde partie du XIXème siècle.
00:54:16: Et là vous avez des forêts, de la végétation etc... Donc ça nous donne une idée de ce qu'il peut arriver dans les décennies et siècles.
00:54:22: Moi,
00:54:22: il est autorisé aussi non pas de se réjouir de la Fondée Glacier mais d'autre voir aussi qu'il y a un nouveau monde qui va naître...
00:54:30: Voilà oui tout à fait c'est comme ça que l'on vit.
00:54:32: en fait il faut surmonter cette perte et faire avec quelque part faire sans plutôt.
00:54:39: Mais ce n'est pas évident Et ça se fait très progressivement.
00:54:43: Il y a encore des décennie à voir ces glaciés rétrécir, se couvrir de détritus, devenir très chaotique.
00:54:52: C'est assez étonnant que j'ai un souvenir en tête.
00:54:57: Je me promenais sur la mer de glace pour rejoindre le refuge de La Charpoie et c'était un amas de cailloux instable tout du long.
00:55:05: Ça a devenu très compliqué de cheminer là où avant ça était extrêmement simple on allait tout droit.
00:55:09: Et là il y a des grands canyons, des bédières qui creusent les grands caniones.
00:55:12: On a du mal à avancer etc... Et j'étais là en train de me dire mais que ça fonde et puis qu'on passe à autre chose.
00:55:17: C'est plutôt une agonie
00:55:19: qui
00:55:19: dure,
00:55:20: on en est la sur certains glaciers.
00:55:24: Est-ce que ça a un impact important sur le rône aussi ?
00:55:28: Parce qu'il y a une exposition sur les rônes.
00:55:31: Quel lien tu tires
00:55:33: ?
00:55:34: Alors je suis anthropologue.
00:55:35: il n'y a pas hydrologue mais ce que je peux dire c'est que ces glaciers ils jouent un rôle de tampons et ils permettent aux rivières en aval de soutenir
00:55:44: un flux
00:55:47: constant, notamment dans la période sèche.
00:55:49: On a vu l'été qu'on a vécu avec très peu de précipitation.
00:55:51: si il n'y avait pas les glaciers et les rivières auraient été pratiquement à plat.
00:55:55: Je
00:55:55: veux dire parce que quand on en parlait avec Guillaume tout à l'heure est-ce qu'il faut se préparer à faire un deuil du rône tel qu'elle connaît aujourd'hui ?
00:56:03: Alors là je ne suis pas qualifié pour répondre mais c'est possible qu'ils y ait beaucoup moins d'eau dans le rônes dans les années qui viennent et ce peut être aussi ce
00:56:11: qui justifie.
00:56:14: Je
00:56:14: ne connais pas très bien ce dossier, mais je sais qu'il y a des projets de construction de barrages hydroélectriques sur ces espaces, sur ses marges glacières désenglacés pour produire l'électricité.
00:56:23: Mais peut-être aussi pour remplir... Pour jouer ce rôle de stockage d'eau, pour flugifier le flux.
00:56:29: Mais bon ça veut dire aussi que les marges glaciaires, toute la vie qui est en train de pousser si on construit un barrage, elle sera sacrifiée.
00:56:35: et il y a même... J'ai en tête le projet du Gornerly sur le glacier du Gorneur.
00:56:40: Si on construite ce barrage il y à le projet qui est encours, qui est controversé.
00:56:43: Et si ce barrage est construit maintenant, il va accélérer la fonte du glacier.
00:56:47: Si la langue glacière trempe dans l'eau elle va être plus réchauffée et il faudra encore plus vite.
00:56:53: Donc là on a bouclé la boucle parce qu'on revient à cet usage un peu fonctionnaliste... Comment dire ?
00:57:00: Utilitariste !
00:57:02: Instrumentaliste du Rhône avec lequel on avait commencé cette balade.
00:57:11: Après ce petit tour d'horizon, on pourrait vraiment dire que le propos de l'exposition c'est vraiment de multiplier les regards sur le rône.
00:57:19: Les acteurs, les paysages la faune... La biodiversité pour montrer qu'il n'y a pas un rôme.
00:57:25: il y en a mille, dix milles.
00:57:27: et vous militez pour cette diversité ?
00:57:29: C'est ça ?
00:57:29: Oui !
00:57:30: On milite aussi une acculturation à cette diverseté et on pense que ça doit aussi arriver, percoler dans nos disciplines là parce que c' est avec ça qu'on doit composer aujourd'hui.
00:57:41: Et on est plus du tout dans un monde simplex, un monde extrêmement complexe et on doit... On pense en tout cas qu'on essaye de se faire engager pour emmendre en tous les cas plus vivants.
00:57:51: Pour faire la chose très simple.
00:57:53: Bon mais ça c'est une conclusion !
00:57:56: A moins que l'on ait encore une personne à aller voir
00:57:58: je crois.
00:57:59: C'était à peu près le tour d'en Suzanowski n'est pas là mais on en a parlé.
00:58:03: Les castors.
00:58:05: Ici on en apparaît.
00:58:07: et puis là au fond le laboratoire Last qui présente son ouvrage et son travail redonne urbaine qui est finalement la part la plus projectuelle, vu qu'ils compactent huit ans de travail et de projets sur quatre sites du bassin du Rhône.
00:58:18: C'est le laboratoire EPFL ?
00:58:19: Oui.
00:58:20: Teni par professeur Van Leveret, c'est ça ?
00:58:22: Exactement
00:58:22: !
00:58:22: Ouais, c''est ça.
00:58:24: Et donc, en tout cas intéressant d'avoir aussi ce premier... peut-être élément très projectuel, finalement qui nous ramène un peu à l'accommodation de l'architecture et de leur banisme.
00:58:33: Donc ils sont là, ils vernissent leurs livres mercredi prochain au phare.
00:58:39: Dernière question, il y a un grand projet de correction du Rhône.
00:58:44: On appelle ça la R-III, la troisième correction du rhône très très disputée entre les cotons du Valais et des cotons de Vauds.
00:58:51: on va bientôt communiquer sur ce projet.
00:58:53: c'est un projet qui évolue chaque année.
00:58:55: il ya des grandes phases du projet.
00:58:59: est-ce que cette exposition à vocation se situait par rapport à l'R-III par rapport aux corrections du rône?
00:59:05: qu'est ce que vous aimeriez ?
00:59:08: Comment alimenter ce débat sur la R-III
00:59:11: ?
00:59:11: C'est une très bonne question.
00:59:13: Elle est dure, elle est très difficile parce que... Parce que la troisième correction de nouveau dans ce qu'on en comprend c'est qu'elle va dans le sens d'une correction qui est assez douce.
00:59:31: mais on est toujours dans le mot de la correction et ça avec son essai de dire ici il faut peut être décoriger sans évidemment décorriger, c'est-à-dire laisser libre se poser la question des impacts évidemment sur notamment la plaine du rône qui est complètement urbanisée en tout cas infrastructurée qui a une pleine agricole urbaine.
00:59:51: Vous êtes pour un rônes incorrigible ?
00:59:53: Et nous on est à voir un ron incorrigibles et sauvages.
00:59:56: mais voilà on sait qu'il y a toute... il ya une complexité, il y a un équilibre aussi qui est fait dans ce... En Valais avec les gravières.
01:00:04: on sait qu'il y a une nécessité des gravières de creuser d'extraires pour éviter que le niveau du rône soit trop haut et déborde.
01:00:12: Donc voilà, c'est des environnements extrêmement complexes un peu insaisissables.
01:00:17: Certains rappellent des wicket problèmes.
01:00:21: Des wicket problème.
01:00:22: En tout cas, c''est comme ça qu'on le perçoit.
01:00:24: et voilà...
01:00:27: Entre
01:00:28: l'entreprise
01:00:29: d'expression de graviers, les intérêts immobiliers Les écologistes, il y a des points de vue complètement différents.
01:00:35: Peut-être que seul moyen ça te fait rappel au peuple Castor.
01:00:38: Exactement c'est une très belle conclusion.
01:00:40: Applons les castors qui sont déjà en Valais.
01:00:42: Ils sont déjà là.
01:00:44: on a vu un boit tout à l'heure ramené par Laurence.
01:00:47: ils sont présents et il ya même des médiateurs casteurs infrastructure qu'ils sont en valet.
01:00:54: On va
01:00:54: parler les voies.
01:00:55: Merci beaucoup Guillaume de Montseiller pour la visite.
01:00:58: J'ai rappelé que l'exposition aux formes d'architecture rône, vivant et invisible ici
01:01:03: jusqu'au... ...trente-et-un octobre.
01:01:05: Et ensuite elle va déménager d'abord à Cyclie
01:01:08: sous une forme événementielle qui sera plutôt en aigus sérieux.
01:01:11: Ensuite
01:01:12: à Lyon.
01:01:12: C'est ça ?
01:01:12: Et puis à Lyons, l'été prochain, juillet août on sera au parc de La Tête d'Or dans l'orangerie.
01:01:17: Elle terminera peut être du côté de Marseille.
01:01:19: Du côté Arlavinion-Marseille, on va voir.
01:01:21: Ce sera deli-vingt-huit.
01:01:25: On a, j'en profite pour dire qu'on a un gros programme de médiation pour les plus jeunes.
01:01:30: Le Rhone et l'eau c'est pas que une affaire d'adultes architecte... Et du castor !
01:01:37: C'est aussi pour les jeunes.
01:01:38: donc on a toute une série d'ateliers.
01:01:40: J'invite les auditrices et auditeurs à aller sur www.rhone.network, sur lequel le programme est toujours mis à jour avec pas mal d'ateliers pendant des vacances scolaires.
01:01:48: Et là vous trouverez aussi la plateforme Rhone Vivant où vous pouvez contribuer avec des images, des textes... pour fabriquer un rhone commun.
01:01:56: Exactement !
01:01:58: Bien merci beaucoup Guillaume Demorzier.
01:01:59: Des bonnes soirées aux formes d'architecture.
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